REPORTERS SANS FRONTIERES,UNE OFFICINE DE PROPAGANDE SUBVERSIVE(I)
REPORTERS SANS FRONTIÈRES,UNE OFFICINE DE PROPAGANDE SUBVERSIVE(I)
Depuis bientôt un mois, Reporters Sans Frontières RSF (en anglais Reporters without Borders) occupe avec les autres mass-medias en France le devant de la scène médiatique pour dénoncer la répression chinoise au Tibet. Dès les premiers jours des événements tibétains, nous avons pu voir son président Robert Ménard exhiber un Tee Shirt avec des menottes remplaçant les anneaux et demander le boycott des jeux olympiques de Pékin prévus au mois d'août prochain. Tout le monde a entendu parler de Reporters Sans Frontières qui se définit dans ses communiqués de presse comme une organisation non gouvernementale ayant pour mission la défense des journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit d'informer et d'être informé, conformément à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Mais peu de gens savent ce qu'est réellement RSF. Les prises de position idéologiques de RSF, sa politique de l'indignation à géométrie variable en stigmatisant généralement les États du tiers-monde et ses sources de financement en font plutôt une officine de propagande subversive qu'une organisation non gouvernementale et une association d'utilité publique dont les actions sont uniquement destinées à épingler les violations de la liberté de la presse dans le monde.
SOURCES DE FINANCEMENT DÉCLARÉES ET OCCULTES DE REPORTERS SANS FRONTIÈRES
Reporters sans frontières est une organisation non gouvernementale fondée en 1985 par son secrétaire général actuel, le français Robert Ménard et a été reconnu association d'utilité publique par le gouvernement Juppé par décret le 19 septembre 1995. Se définissant comme une organisation de défense de la liberté de la presse dans le monde conformément à l'article 19 de la déclaration universelle des droits de l'Homme, RSF est implanté en Europe, en Asie, en Amérique, à Moscou avec des correspondants dans plus de cent vingt pays.
Les actions de RSF consistent à :
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dénoncer les atteintes à la liberté de la presse;
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aider les journalistes, leurs familles et leurs collaborateurs persécutés à cause de leur activité professionnelle;
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soutenir les familles des journalistes;
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mener des actions devant la justice contre les criminels coupables de persécutions à l'encontre des journalistes;
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mener une campagne de pétitions nominatives, les publier et les présenter aux autorités compétentes;
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promouvoir son action à l'échelle internationale et publier ses résultats.
Chaque année, RSF publie un rapport annuel dans lequel sont recensées les atteintes à la liberté de la presse dans le monde, des brochures, des magazines, des guides pratiques et des livres noirs; il organise des spectacles, des expositions et des pétitions, anime différentes manifestations comme le cyber-dissdence et diffuse un bulletin d'information en plusieurs langues et un journal mural Qui-vive ! RSF a créé en 2002, le réseau Damoclès pour fournir de l'assistance juridique(avocats et détectives) aux journalistes emprisonnés, condamnés, blessés ou tués.
Les sources de financement déclarées de RSF sont publiques et privées, à savoir l'Union européenne à hauteur de 40% soit un million d'euros en 2005, services du Premier ministre, ministère des Affaires étrangères, Agence intergouvernementale de la francophonie, OSCE, UNESCO, FNAC, CFAO, Fondation Hachette, Fondation EDF, Hewlet Packard et et par diverses actions de promotion, vente de livres, dons, subventions accordées par certains organes de presse appartenant aux deux groupes Dassault et Lagardère.
Mais des enquêtes ont révélé que RSF est financé aussi par deux officines américaines de propagande: le Cuban Freedom Center, une organisation créée avec l'aide de la CIA et groupant des exilés cubains, la NED(National Endowment for Democracy) et l'IRI(International Republican Institut). Le Cuban Freedom Center a été créé en 1987 par un exilé cubain, Franck Calzon qui avait fondé dans les années 1960, un groupe appelé, Frente de Liberaçion National de Cuba(FLNC à ne pas confondre avec le FLNC corse). Après la création en 1981 de la Fundaçion Nacional Cubano Americana(FNCA) avec l'aide de l'administration de Ronald Reagan, Calzon en devint alors son directeur exécutif. Avec l'aide d'une officine de la CIA, la Freedom House, Calzon fonda le Cuban Freedom Center doté alors d'un budget de 400 000 dollars. Le Cuban Freedom Center était dirigé par Otto Reich, cubain de naissance mais de père autrichien, devenu secrétaire d'État adjoint pour l'hémisphère occidentale. Otto Reich fut aussi l'organisateur du coup d'État raté de Pedro Carmona contre le président vénézuelien démocratiquement élu Hugo Chavez en 2002 et le responsable de l'enlèvement de l'ex-président haïtien, non moins démocratiquement élu, Jean-Bertrand Aristide. C'est par l'intermédiaire d'Otto Reich que Robert Ménard a connu Franck Calzon et c'est en vertu d'un contrat signé en 2001 avec l'ancien responsable Otto Reich, que RSF a reçu en 2002, la somme de 24970 euros et 59 201 euros en 2003.(voir sur cette question, l'article de Thierry Meyssan, Quand Reporters sans frontières couvre la CIA, 25 avril 2005).
L'autre officine de propagande qui contribue au financement de RSF est la NED (National Endowment for Democracy) officine écran de la CIA. Le président de RSF reconnaît lui-même avoir reçu de la NED, la somme de 40 000 dollars dans le but « de venir en aide aux journalistes opprimés en Afrique »(le même article de Thierry Meyssan). Rappelons que la NED a été créée par Ronald Reagan le 6 novembre 1982 pour lutter contre le communisme sous forme de un soutien financier et logistique à des associations, des syndicats et des partis politiques parmi lesquels on trouve entre autres le syndicat polonais, Solidarnosc. Officiellement, la NED est une association à but non-lucratif mais ses fonds proviennent de US Agency for International Development(USAID) financée par le département d'État américain. Pour maquiller son origine d'officine de propagande, la NED utilise des instituts privés satellites portant divers étiquettes politiques et des fondations comme relais financiers dont trois associations financées par des fonds fédéraux (pour plus d'information sur la NED, voir l'article de Thierry Meyssan, la NED, nébuleuse de l'ingérence « démocratique » dans Voltairnet. 22 janvier 2004).
Aujourd'hui, pour combattre l'influence grandissante en Amérique latine du président vénézuelien Hugo Chavez, la NED finance une nouvelle organisation appelée, le Global Center for Development and Democracy(DCDD) fondée par l'ancien président péruvien, Alejandro Toledo. Cette organisation qui travaille officiellement à l'établissement « d'un nouvel agenda social » pour l'Amérique latine groupe six anciens chefs d'État et de gouvernement, l'ancien premier ministre espagnol José Maria Aznar, l'ancien président mexicain Vicente Fox, l'ancien président bolivien Carlos Mesa, l'ancien président du Honduras Ricardo Maduro, l'ancien président du Costa Rica, Rodrigo Carazo et la présence d'un représentant de l'Union européenne, José Ignacio Salafranca. Le DCDD a tenu sa première réunion à Washington le 26 novembre 2007 et une grande conférence est prévue pour le mois de mai prochain à Lima au Pérou au cours de laquelle seront déterminées les grandes lignes de « l'agenda social ». En clair et sans langue de bois, le GCDD travaille activement à la mise en place des forces sociales et politiques appelées à combattre les régimes progressistes en Amérique latine(Vénézuela, Bolivie, Équateur etc.) et à en contrecarrer d'autres dans l'avenir.
Mais les révélations à la fin du mois de janvier 2008 faisant apparaître des malversations financières et de détournement de fond par le Cuban Freedom Center et par ses deux dirigeants, Franck Clazon et par Felipe Sixto et même par Reporters sans frontières de Robert Ménard explique les raisons de la stratégie de communication de RSF sur le Tibet. En effet, à la fin du mois de janvier 2008, un rapport de la GOA(General Accountability Office) constate que 95% de la somme initiale de 65,4 millions de dollars qui devaient servir à financer des activités subversives contre Cuba n'était pas arrivé à destination. Dans ce même rapport, il est aussi question de détournement de la somme de 5 millions de dollars par Franck Clazon et par Reporters sans Frontières sur les 34 millions de dollars prévus par le plan Bush de 2004 relatif à l'annexion de Cuba. En réalité, la campagne médiatique de RSF pour défendre le Tibet, avec l'appui des mass medias contrôlées par la droite et par ses amis, Lagardère et Dassault, a pour objectif, entre autres, de détourner l'attention de ce scandale financier dans lequel est impliquée l'organisation de Robert Ménard.
Dans son article sur Reporters sans Frontières, Thierry Meyssan a examiné le budget de cette organisation et il est arrivé au constat suivant: seul 7% des dépenses globales de RSF est affecté à la défense des journalistes persécutés et opprimés (article déjà cité de Thierry Meyssan, Quand Reporters sans frontières couvre la CIA, 25 avril 2005). Où va le 93% restant des recettes de RSF ? A la propagande subversive essentiellement contre les quelques États communistes et contre les États de l'Axe du mal de Bush
INDIGNATION À GÉOMÉTRIE VARIABLE DE RSF
Dans ses communiqués de presse, RSF se définit comme une organisation qui a pour mission de défendre la liberté de la presse dans le monde conformément à l'article 19 de la déclaration universelle des droits de l'Homme. Mais les États accusés par RSF d'atteinte à la liberté de la presse sont souvent des États du Tiers-monde et certains de leurs chefs sont qualifiés de prédateurs de la liberté de la presse, de chefs de guerre et de dictateurs qui empêchent les journalistes de faire leur travail, qui les maltraitent, les torturent et qu'ils vont même jusqu'à les assassiner. Les chefs d'État qui sont le plus fréquemment cités sont: le président libyen, Kadhafi, le président syrien Bachar Al-Assad, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, le président chinois Hu Jintao, le secrétaire général du parti du travail de Corée de Nord, Kim Il Sung, le président russe Putin, l'ancien président cubain, Fidel Castro.
Pourquoi plus précisément ces pays ? Parce qu'ils n'obéissent pas à l'oeil et au doigt et n'obtempèrent pas aux injonctions de l'impérialisme mondial. On sait comment la CIA a essayé de renverser le régime politique en Biélorussie en utilisant les techniques des « révolutions Verte et Orange » qui ont si bien réussi en Ukraine et en Géorgie. On sait aussi comment, après cette tentative ratée, la Biélorussie a été mise au ban de la « communauté internationale », son président qualifié par le grand « démocrate » George Bush de « dernier dictateur d'Europe » et comment l'Union européenne lui a imposé des sanctions économiques et des restrictions aux mouvements de ses dirigeants. Si l'on prend un autre pays épinglé par RSF, le Zimbabwe, on découvre que le seul crime commis par ce pays est d'avoir osé exproprier des fermiers Blancs et redistribuer des terres aux paysans pauvres. Cuba et la Corée du Nord sont depuis leur création dans le collimateur de l'impérialisme américain qui cherche à les déstabiliser et à renverser le régime communiste en place. L'Iran refuse de céder sur son programme nucléaire et son alliée, la Syrie est accusée à son tour d'encourager la résistance irakienne et le Hezbollah libanais qui a résisté à la machine de guerre israëlo-américaine pendant 34 jours en été 2006. On voit bien que les États épinglés par RSF pour leur atteinte à la liberté de la presse n'ont pas été choisis au hasard, car ce sont ces mêmes États qui contrarient en quelque sorte les visées hégémoniques de l'impérialisme américain et de ses satellites européens qui cherchent à les mettre au pas par tous les moyens. Une organisation qui se réfère à la déclaration universelle des droits de l'homme et qui prétend défendre la liberté de la presse en stigmatisant les seuls pays du tiers-monde qui sont les victimes directes de la politique impérialiste des grandes puissances capitalistes montre à l'évidence que RSF n'est pas crédible et elle est loin d'être cette institution qui est au dessus de toute connivence idéologique avec les puissants de ce monde.
RSF a critiqué la décision du président vénézuelien Hugo Chavez qui a voulu réorganiser les médias dominés actuellement par le grand magnat de la presse Gustavo Cisneros, propriétaire des chaînes de télévision qui avaient soutenu il y a tout juste six, en avril 2002, le putsch manqué contre un président démocratiquement élu. Cette critique de RSF du projet de Chavez rappelle la décision de Salvador Allende qui avait ordonné la fermeture de l'agence de presse américaine UPI à Santiago. Cette décision qui avait alors soulevé une levée de bouclier contre le gouvernement socialiste accusé d'atteinte à la liberté de la presse et la liberté d'expression dans ce pays a dû être annulée 48 heures plus tard. Aujourd'hui, les médias chiliens sont concentrés entre les mains de deux groupes El Mercurio et la Tercera. Cette concentration des médias qui constitue une violation de la liberté de la presse n'a apparemment pas suscité l'indignation de RSF et pour cause, le Chili est dirigé aujourd'hui par un gouvernement qui n'a de socialiste que le nom.
Ce n'est pas pour rien que RSF a été suspendu pendant un an de sa qualité de membre observateur au Conseil économique et social(Ecosoc) de l'ONU. Tout récemment, l'UNESCO, l'un des organismes qui contribuent au financement de RSF et l'un des parrains de ses manifestions, vient de lui retirer son parrainage à l'occasion de la journée internationale pour la liberté sur l'Internet. L'Unesco reproche en effet à RSF son manque d'éthique et d'impartialité en ne citant dans sa liste noire des États qui ne respectent pas la liberté d'expression sur l'Internet que des États du tiers-monde ( Biélorussie, Cuba, Corée du Nord, Iran, Syrie, Turkménistan, Vietnam et Zimbabwe).
C'est ce refus de RSF de se pencher sur la liberté de la presse dans les États occidentaux qui enlève toute crédibilité à ses actions. Sur la liberté de la presse en France, Thierry Meyssan estime que depuis la révolution française, la liberté de la presse a duré un an et demi, pendant la Révolution de 1848 sous l'impulsion d'Alexandre Ledru-Rollin.(Thierry Meyssan, le mythe de la liberté de la presse en France, réseau Voltairnet, 1er juin 2004). Le principe de la liberté de la presse est-il si respecté dans les démocraties libérales pour ne pas éveiller la curiosité de RSF ? On ne peut qu'en douter et cela pour deux raisons principales: d'une part, le monopole de la production et de la diffusion de l'information par quelques multinationales originaires d'Amérique du Nord et d'Europe (UPI, AP, AFP, Reuter ) et d'autre part, l'état de la concentration des moyens de communication de masse entre les mains de quelques grands groupes capitalistes. Par exemple, la Socpresse propriétaire de Serge Dassault édite 70 titres dont le Figaro, l'express, l'Expansion et des dizaines de journaux régionaux. Le groupe Hachette, propriété d'Arnaud Lagardère détient 47 magazines dont Elle, Parents, Première et des quotidiens comme le Porvence, Nice-matin, Corse-Presse. Cette concentration des médias est tellement flagrante au point que le gouvernement de droite, en l'occurrence le gouvernement Raffarin, était obligé de commander un rapport sur cette question à une commission, dite la commission Lancelot. Un dernier exemple en date des problèmes de la concentration des médias en France est la grève des journalistes du quotidien de l'économie, la Tribune, racheté par le milliardaire Bernard Arnault qui est déjà propriétaire d'un autre quotidien de l'économie, les Échos.
La concentration des médias aux États-unis est encore plus forte où ce sont quelques grands groupes qui contrôlent la totalité des moyens de communication de masse (New corporation, Bertelsmann, Vivendi Universal, Time Warner, Viacom, General Electric, Walt Disney). En 1983, cinquante sociétés contrôlaient les principaux médias. En 2002, il n'en reste que neuf conglomérats transnationaux. 90% de l'audience américaine est réalisée par la Fox de Mr Murdoch et les sites les plus visités sont ceux de Fox, Disney, Aol Warner, Viacom.(voir l'article de John Pilger, Quand les mots font écran à l'histoire, le Monde diplomatique, octobre 2004) Si RSF ne parle pas de la liberté de la presse en France, cela est dû à son mode de financement qui l'oblige à ne voir que la paille dans l'oeil de l'autre avant de voir la poutre dans son propre oeil.
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE
FAOUZI ELMIR
Mots-clés: Reporters sans Frontières, financement, officine de propagande.
RSF ET LES « JOURNALISTES DISSIDENTS » DE CUBA


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