LA CHINE FACE A SA MINORITE OUIGHOURE

TROUBLES ETHNIQUES DANS LA RÉGION DE XINJIANG
LA CHINE FACE À SA MINORITÉ OUÏGHOURE
 
 

Depuis dimanche soir, Urumpqi, la capitale de la région Xinjiang, est le théâtre d'affrontements interethniques opposant les Ouighours, ethnie majoritaire turcophone, aux Han, ethnie majoritaire en Chine. Ces affrontements ont fait plus de 156 morts et environ un millier de blessés. La région de Xinjiang est situé à l'extrême nord ouest de la Chine et représente le sixième du territoire chinois avec une superficie de 1,7 million de km². La population de Xinjiang estimée à 20 millions d'habitants en 2004 est répartie en treize nationalités dont les principales sont les Ouighours(45%), han(41%), hui(5%), kirghiz(0,9%), mongol(0,8%), tadjik(0,2%). Le Xinjiang est une région hautement stratégique à cause de ses ressources minières qui sont le pétrole, le fer, le charbon, l'or, l'argent, l'antimoine, le cuivre et le jade. La bordure sud du Taklamakan est une zone pour les essaies nucléaires chinois et abritant plusieurs centrales nucléaires construites avec l'aide de la France et des Etats-Unis.

 

Comme son voisin le Tibet, le Xinjiang est régulièrement en proie à des attentats et des troubles à l'ordre public.(février 1997, janvier 1999, février 1999, juillet 2004, août 2004, août 2008, avril 2009). La répression de toute manifestation nationaliste ou intégriste dans s'inscrit dans la logique de la constitution chinoise qui interdit tout acte visant à saper l'union des nationalités, c'est-à-dire toute expression de nationalisme local. En contrepartie, la constitution garantit l'application d'une certaine autonomie administrative régionale qui s'est développée au cours du premier plan. La région Ouigoure du Xinjiang fut justement la première région à bénéficier d'une autonome administrative à partir du 1er octobre 1955, suivie en juillet 1957 de deux autres régions, Chuang (Kwangsi) et Hui (Ninghsia). La région autonome de Mongolie intérieure existait déjà depuis 1947. Quant au Tibet, c sont les résistances locales et la rébellion des Khampas qui retardèrent son érection en région autonome jusqu'en 1965.

 

Pour lutter contre le nationalisme local dans la région du Xinjiang, Pékin a mis en place une série de réformes, notamment dans l'éducation. Parallèlement à la réforme de l'écriture chinoise, les écritures des minorités ont été maintenues comme l'alphabet latin, le cyrillique. Un programme de scolarisation a été mis en place à l'intention des minorités ethniques. Un autre aspect de la lutte contre le nationalisme local, fut le brassage des ethnies avec une forte émigration des membres de l'ethnie majoritaire en Chine, les Hans, vers les régions frontalières, le Xinjiang et la Mongolie intérieure. Ce brassage ethnique s'insère dans une stratégie délibérée du parti communiste chinois qui cherche à intégrer les minorités dans un État socialiste.

Avec la résurgence de l'intégrisme musulman à la fin des années 1970 et au début des années 1980, encouragé et soutenu par l'impérialisme pour lutter contre le communisme, la Chine se trouve confrontée à sa minorité musulmane de la région du Xinjiang. Les fauteurs de troubles sont des Ouighours qui ont été entraînés dans les années 1990 par les Moudjahiddins afghans. Ce qui explique la politique de conciliation de Pékin vis-à-vis du régime des Talibans à Kaboul avant d'être chassés par la guerre d'octobre 2001 par la coalition occidentale menée par les Américains. Mais la leçon du démantèlement de la fédération Yougoslavie et l'épreuve de la guerre d'Afghanistan en 2001 poussent la Chine à établir une collaboration étroite avec les États voisins dans le but de lutter contre la menace islamiste et le séparatisme. Tel fut l'objectif de la création du « Groupe de Shanghai » en 1996, regroupant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Avec l'adhésion de l'Ouzbékistan le 15 juin 2001, le « Groupe de Shanghai » se transforme en l'Organisation de Coopération de Shanghai. D'un simple forum de discussion et de concertation, l'OCS se métamorphose progressivement en une alliance politico-militaire régionale avec pour objectif de contrecarrer les visées de l'OTAN et des Etats-Unis en Asie centrale et dans les ex-républiques soviétiques qui jouxtent les frontières chinoises.

 
FAOUZI ELMIR
Mots-clés : Chine, Ouighours, troubles ethniques
 


Article ajouté le 2009-07-08 , consulté 7 fois

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