ACCIDENT RIO-PARIS(SUITE)
ACCIDENT D’AVION RIO-PARIS(SUITE)
COMMENT « NOYER LE POISSON » AVEC LES SONDES DE VITESSE ?
En ce moment de deuil, il n’est nullement question d’entretenir la polémique sur la ou les causes du crash Rio-Paris dans la nuit du 31 mai au 1er juin. Dans mon précédent article, j’ai essayé d’imaginer des hommes en situation et des enchaînements « logiques » à partir d’informations diffusées par les médias. Mon intention n’était nullement de démontrer une hypothèse et de proférer des certitudes et des vérités universelles. Comme tout être humain, le crash de l’Airbus d’Air France m’a profondément choqué. J’ai imaginé cette scène horrible ou en quelques minutes des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont perdu la vie dans des conditions atroces. C’est ce traumatisme psychologique qui m’a amené à m’interroger sur les raisons du drame.
Dans mon précédent article, J’ai certes parlé d’AIR France comme entreprise capitaliste, mais soyons clairs, il n’y a pas qu’AIR France qui est soumise à l’implacable logique mercantile. Il se trouve que le crash survient sur AIR France mais il aurait pu avoir lieu sur une toute autre compagnie aérienne qu’Air France. Je dirai même, et personne ne peut me reprocher un quelconque chauvinisme vu mon nom de métèque, que la compagnie d’AIR France est réputée pour être parmi les compagnies aériennes les plus sûres au monde, qu’elle se taille la réputation d’un transporteur aérien fiable et que son personnel de maintenance est connu et reconnu dans le monde entier pour sa compétence technique. Mais aujourd’hui personne ne peut nier le fait que nous vivons dans un système capitaliste où il existe une seule loi qui gouverne nos sociétés, celle du profit. Une entreprise capitaliste n’est pas une association de charité ou de philanthropie, ni EMMAUS ni les RESTOS DU COEUR. La raison d’être d’une entreprise capitaliste, c’est l’exploitation des hommes et des machines pour faire du profit et rien que du profit. Dire ou penser le contraire, c’est se voiler la face pour ne pas voir la logique absurde d’un système dans laquelle nous sommes tous pris et dont nous sommes tous à un degré ou à un autre les victimes consentantes. Air France reste donc une entreprise capitaliste ou ses salariés figurent sous la rubrique Charges de sa comptabilité et que comme toute entreprise capitaliste se doit de diminuer ses charges pour faire plus en de profits sous peine de mettre la clé sous la porte comme Air Liberté ou d’autres compagnies aériennes. Ses lignes nationales et internationales doivent être rentables coûte que coûte et pour qu’elles le soient et pour atteindre des objectifs purement mercantiles., il est sans cesse demandé aux hommes et aux machines de fournir plus de sacrifices et plus d’efforts. En Europe, le mot profit est un tabou alors qu’en écoutant CNN par exemple ou les medias anglo-saxons en général, la performance d’une entreprise est mesurée par les profits qu’elles génère et non pas par le chiffre d’affaires. Nous vivons dans un système qui fonctionne selon sa propre cohérence interne et une entreprise capitaliste fait tout pour diminuer ses charges dans le but d’augmenter ses profits. Le secteur des transports aériens en général et AIR France en particulier n’échappent pas à l’implacable et sinistre logique mercantile et à la marchandisation des rapports sociaux. L’actionnaire d’Air France investit de l’argent et veut récupérer sa mise, il n’a que faire de la sécurité et des vies humaines qui ne sont pas vraiment les premières de ses préoccupations. Soumis à la dictature du profit et à la course effrénée aux rendements, les hommes sont broyés par un système qui les dépasse et qui leur fait perdre leurs moyens intellectuels en devenant ainsi des simples machines et des simples robots. C’est parce qu’ils deviennent des machines et des robots que les hommes deviennent dangereux pour leurs semblables car ils ont perdu toute faculté de discernement entre ce qui relève du domaine de l’humain et ce qui appartient au monde technique.
En sortant de son chapeau l’histoire des sondes de vitesse, Air France et le Bureau Enquête et Accident(BEA) cherchent à noyer le poisson en insinuant que la cause de l’accident Rio-Paris serait due à une simple défaillance technique. Pour parler vulgairement, l’histoire de sondes de vitesse est une « histoire à toto » que l’on raconte aux enfants avant de dormir. L’enquête officielle privilégie l’hypothèse d’une simple défaillance technique due au mauvais fonctionnement des capteurs de vitesse ou sondes Pilot, à laquelle AIR France tente de remédier en équipant ses avions A 330 et A 340. Cette hypothèse ne résiste pas à l’examen pour deux raisons principales. D’abord l’Airbus Rio-Paris subit une révision à mi avril et s’il y avait un problème de capteurs ou de sonde de vitesse, le personnel de la maintenance aurait détecté l’anomalie. Ensuite, une note interne d’Air France datant de novembre 2008, fait état d’un « nombre significatif d’incidents liés aux calculateurs de vitesse sur des A330 -340 ». Puisque la compagnie était au courant de l’existence de problèmes de calculateurs de vitesse, pourquoi ne s’est-elle pas employée à y remédier très rapidement avant que ne survienne le crash du vol Rio-Paris ? Logiquement, cette note interne aurait dû alerter la compagnie pour prendre les mesures nécessaires qui s’imposent et pour éviter un tel drame, pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ?
Malheureusement, à ce jour, c’est l’hypothèse des conditions météorologiques qui est la plus probable. Quand j’ai émis dans un précédent article que ce sont les conditions météorologiques qui pourraient être à l’origine de l’accident de l’Airbus d’Air France, d’une zone de perturbation tempétueuse sur la trajectoire du vol je n’avais pas pris connaissance des analyses et des conclusions d’un spécialiste en météorologie qui s’est penché sur les conditions météorologiques de la zone traversée par l’avion d’Air France. L’auteur de cet article, Tim Vasquez, a conclu, cartes et images de satellite à l’appui, à l’hypothèse d’une violente tempête tropicale qui pourrait être à l’origine du crash de l’Airbus d’Air France. En effet, les conclusions de l’auteur font apparaître que le vol AF 447 se serait engouffré dans une zone de turbulence tempétueuse tropicale et qu’il aurait subi de fortes turbulences sur 125 km (75 miles). Ce sont ces violentes turbulences qui auraient entraîné une série de défaillances techniques en commençant par une panne radio puis la désintégration progressive, morceau après morceau, de la carlingue de l’avion.
FAOUZI ELMIR
Annexe
J’avais l’intention de traduire en français les analyses de Tim Vasquez sur les conditions météorologiques de la zone où se trouvait l’Airbus d’Air France. Mais faute de temps et vu l’ampleur du travail, j’ai dû me contenter de la reproduction du texte original en anglais.
Air France Flight 447: A detailed meteorological analysis
3 06 2009
by Tim Vasquez
Air France flight 447 (AF447), an Airbus A330 widebody jet, was reported missing in the equatorial Atlantic Ocean in the early morning hours of June 1, 2009. The plane was enroute from Rio de Janeiro (SBGL) to Paris (LFPG). Speculation suggested that the plane may have flown into a thunderstorm. The objective of this study was to isolate the aircraft’s location against high-resolution satellite images from GOES-10 to identify any association with thunderstorm activity. Breakup of a plane at higher altitudes in a thunderstorm is not unprecedented; Northwest Flight 705 in 1963 and more recently Pulkovo Aviation Flight 612 in 2006 are clear examples.
Back in the 1990s I did flight route forecasting for the Air Force. One of my assignments in summer 1994 was forecasting was the sector between Mombasa, Kenya and Cairo, Egypt for C-5 and C-141 aircraft. The Sudan region had tropical MCS activity similar to this with little in the way of sensor data, so this incident holds some special interest for me as one of our C-5s could easily have followed a very similar fate. Using what’s available to me I decided to do a little analysis and see if I could determine anything about the fate of AF447 and maybe through some circuitous, indirect means help give authorities some clues on where to look.
1. Reports and evidence
Reports indicate AF447 reported INTOL (S01 21.7′,W32 49.9′ or -1.362,-32.832) at 0133Z and was to proceed to TASIL (N4 00.3′,W29 59.4′, or +4.005,-29.990) in 50 minutes (a true track of 28.1 deg) (source) indicating that it flew high altitude route UN873 (see below).
